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Dans une publication coup-de-poing, le blogueur ivoirien Sako Youssouf, connu sous le pseudonyme Le Phoulosophe, s’insurge contre les préjugés identitaires persistants en Côte d’Ivoire. Né de parents 100 % ivoiriens, originaire du village de Kadioha dans le nord du pays, il dénonce l’ignorance et la xénophobie banalisée à travers une remarque trop souvent entendue : « Sako, ça sonne pas ivoirien ».

Pour beaucoup d’Ivoiriens du Nord, comme lui, cette phrase anodine est une véritable blessure, un rappel constant de la marginalisation fondée uniquement sur les noms à consonance malinké ou apparentée. « Quand un Kouadio se présente, on ne lui demande jamais s’il est Ghanéen », ironise-t-il, dénonçant une hypocrisie identitaire et une mémoire coloniale sélective. Sako va plus loin : il interroge cette obsession malsaine pour l’origine des autres, dans un pays où les frontières ethniques et nationales sont un héritage colonial artificiel.
Il rappelle que l’Afrique est un continent de brassage, et que la nationalité ne se lit pas dans un nom de famille.

Voici l'intégralité de son message :
"Je m’appelle SAKO YOUSSOUF, ivoirien. Né d’un père ivoirien (SAKO LADJI) et d’une mère ivoirienne (DAGNOGO MARIAM).
Tous deux de parents ivoiriens. Le village de mon papa, donc mon village, est KADIOHA, un village situé au nord de la Côte d’Ivoire, sous préfecture de Dikodougou département, de la région du Poro. Nous sommes malinké (dioula), d’ethnie KADIOHAKA (comme Odienneka originaire d’Odienne). Ma mère qui a des liens senoufo vient de Sonzorisso, à quelques kilomètres de Kadioha. Mon père était agent de la CIDT et a pris sa retraite à DIANRA (ces villages sont vérifiables sur la carte de la CIV)

Et vous savez quoi ? Quand je me présente, on me sort, avec suffisance et aisance « Sako, ça sonne pas ivoirien », parce qu’on trouve des Sako au Mali, en Guinée etc. Pourtant quand un Kouadio, Kouame se présente, on ne lui fait pas la même remarque alors qu’il y a des Kouame et Kouadio au Ghana. Voici donc le commentaire auquel plein de gens comme nous, majoritairement issus du nord font face de la part d’une belle brochette d’imbeciles qui soutiennent leur xénophobie au motif que les plaintifs n’assumeraient pas leur origine.

Oui, je suis frustré, révolté et en colère chaque fois qu’on met en doute ma nationalité ivoirienne sur la base de mon nom. Et c’est ce dont les gens se plaignent.
Sortez ! Vous verrez que la CIV n’est pas le nombril du monde. Et si c’est la belle ambiance de Facebook où on répète partout « Si j’étais pas né ivoirien ça allait me faire mal » qui vous fait croire que tout le monde veut devenir ivoirien, vous vous trompez.

L’algorithme nous fait entourer des gens de notre zone géographique, alors je vous rassure, le Facebook des autres régions du monde n’est pas moins animé que le nôtre. Je suis très fier d’être ivoirien, mais si j’étais malien, ghanéen, burkinabé, je l’aurais été tout autant.

Aucun vrai patriote de ces pays ne bandent sur la nationalité ivoirienne. La plupart de ceux qui se fâchent sont ceux qui sont ivoiriens, qui ont acquis la nationalité mais que vous continuez d’appeler étranger sur la base de leur nom.

J’ai lu, à ce propos, une autre belle connerie « C’est votre faute, vous vous êtes mélangés à eux ». Donc je suis un vieux planteur dans les années 1800 dans le nord, un malien, Guinée, burkinabe, vient s’intaller, nous partageons certaines cultures (l’Afrique est un grand village découpé par les colons, pour ça le principe d’ivoirien de souche me fait doucement rire). Il apprend de moi et moi de lui, je deviens de facto étranger parce qu’on se ressemble ? Vous voyez comment vous êtes b.êtes et limite névrosés non ?

Et si on faisait plus simple, accorder la nationalité ivoirienne à qui se dit ivoirien jusqu’à preuve du contraire ?
N’appeler étranger que les personnes dont on est sûr qu’ils ne disposent pas de la nationalité ivoirienne ? Le monde est cosmopolite aujourd’hui, lors du dernier Espagne-France, on avait : Lucas Hernandez français, Robin Le Normand espagnol. Vous voyez qu’il faut être complètement inculte, gangrené pour continuer de croire, aujourd’hui, qu’un nom définit une nationalité.

Le problème est et restera ceux qui traitent d’étrangers les gens sur la base de leur nom. Ce sont eux les plaies. Parce que quelqu’un qui a toute sa tête, qui vit en CIV, qui n’a que la nationalité malienne, burkinabè ou guinéenne et quand on lui dit qu’il est étranger, va s’en offusquer.

Si vous avez la preuve tangible qu’une personne n’est pas ivoirienne, vous pourrez l’appeler étrangère, sinon gardez pour vous vos remarques identitaires nauséabondes. Par ailleurs, je sais toujours pas ce que vous avez à foutre avec l’origine des gens."


Sa colère est celle de milliers de citoyens frustrés, révoltés d’être perpétuellement renvoyés à une altérité supposée.
Dans un monde globalisé, et à l’heure des débats sur l’identité, son message est clair : la vraie plaie, ce ne sont pas les "étrangers", mais ceux qui utilisent le nom d’autrui pour exclure.








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Boris Attebi

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